
Roadmaster
Stephen King
Seulement, c’est avant tout le quotidien d’une
patrouille de police que Stephen King dévoile ici.
Un quotidien rythmé par la peur. Peur de cette voiture,
évidemment, mais surtout des dingues qui sillonnent
les routes, des bargeots qui tabassent leurs copines, des
braqueurs à la petite semaine, des alcoolos prêts
à sortir leur flingue au moindre mot de travers. |
| Une trouille qui ne les lâche pas.
L’un d’eux ne se pardonnera pas d’avoir
écrasé une mère innocente et se glissera
un canon dans la bouche.
Ce suicide mène tous ses collègues à
une réflexion sur leur boulot et sur
ce qu’ils sont devenus, après d’épuisantes
années de service.
Ce récit des vingt dernières années
de la patrouille, ce sont tous ses membres qui la racontent
à Ned, le fils d’un flic écrabouillé
par un chauffard. Des membres qui apparaissent comme une véritable
famille, presque comme une société secrète.
Alors, bien sûr, l’argument concernant la
Buick semble anecdotique par rapport au mal-être qui
habite toutes ces consciences. Quand on sait que Stephen King
a failli mourir écrasé lors
de la rédaction de ce roman, on comprend que le traumatisme
soit aussi tenace qu’obsédant et que cet ouvrage
raconte d’abord ses propres hantises. La peur d’un
pays, de ses enfants et de sa culture. Mais avant tout, une
véritable et obsessionnelle peur de mourir.
par David Desvérité
Stephen King, Roadmaster (From
a Buick 8, traduit de l’anglais (américain)
par François Lasquin), Ed. Albin Michel, 2004, 444
pages, 22 €
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